Et les champignons ?

26 mai 2011

Le 17 mai, première sortie mycologique. Je veux aller dans la forêt. Où trouver de la forêt en dehors du Parc National (il est interdit de prélever dans le périmètre)?

Je prends la route de la forêt des Makes. Je monte en direction de « La Fenêtre ». Quand je rencontre le panneau d’entrée du Parc, je fais demi-tour, redescends un peu et rentre dans une friche qui je pense est une plantation de Tamarin des Hauts (Acacia heterophylla). En cherchant un peu sur de rares branches mortes, je trouve plusieurs petits champignons dont un Hysterium, espèce chère à mon ami Alain. Il est déjà l’heure de repartir, mes morceaux de bois dans les poches.

Le 19 mai, je monte cette fois au « Tevelave ». Je suis acceuilli près du bourg par un Papangue (Circus maillardi). Je passe devant l’église et continue sur le chemin forestier. Après quelques virages, je suis attiré par un sentier sur la gauche. Il faut que je jette un oeil. A l’entrée du « Sentier des travailleurs », et au pied des Cryptomerias (Cryptomeria japonica), des champignons jaunes-orangés trônent fièrement. C’est un bon début.

Champignon du Cryptomeria

J’avance un peu et très vite je tombe sur de minuscules « grains de café », encore un Hysterium. Un peu plus loin, des ouvriers sont en train de faire de l’entretien. Je fais demi-tour. Je sors la carte et m’assois sur une table. Où pourrais-je bien aller? Au moment de partir voir plus haut Daniel vient me voir. C’est un des agents de l’ONF qui travaillait sur le sentier. Il est dégoulinant de sueur et couvert d’éclats de végétaux. Il a vu mon filet à papillon et me demande si je les collectionne. Je lui explique que le filet me sert à les regarder de plus près et que si je dois en prélever un c’est que je n’ai pas réussi à le déterminer. Je lui explique qu’aujourd’hui je suis plutôt venu voir les champignons. Il me répond que dans ce cas, il vaut mieux que je vienne après l’orage quand le sol est tapissé. Je lui montre alors avec ma loupe de botaniste ceux que je viens de prélever. Il est impressionné de voir ces petits traits noirs aussi bien. Il me demande qui je suis et je lui explique ma situation. Il me souhaite la bienvenue sur l’île et semble content de m’avoir rencontré. J’espère qu’il a comprit combien cette rencontre m’a également fait plaisir.

Après ce moment de partage je me mets en marche sur le bord de la route. Quelques dizaines de mètres plus haut, je constate avec regret (pourtant je sais que c’est nécessaire) que c’est déjà le début du Parc. Je reviens sur mes pas et aperçois un peu plus loin un uniforme bien connu. En effet, deux médiateurs du Parc sont en train de discuter avec les agents de l’ONF. Je me dirige dans leur direction lorsque l’un d’eux vient à ma rencontre. Nous nous présentons et échangeons quelques phrases avant qu’il ne me remette de la documentation.

Il est trop tard pour changer de lieu, je retourne sur le « Sentier des travailleurs ». Je dépasse le lieu où je m’étais arrêté quelques minutes auparavant. Sur la droite, une petite ravine remonte dans la forêt. Le paradis du mycologue. Sur chaque morceau de bois mort, au moins un champignon. S’ils ne sont pas très gros, la diversité est impressionnante. Je prélève quelques espèces en mesurant qu’il faudrait plusieurs jours à mes amis mycologues pour venir à bout d’un inventaire non exhaustif de ce milieu.

Il me reste un peu de temps avant d’aller chercher ma fille. Je pars à la rencontre d’un pharmacien qui, m’a t’on dit, est bon mycologue. Arrivé à la pharmacie du Canot, j’apprends qu’il est reparti en métropole. N’y a t’il plus personne sur l’île pour partager mes découvertes et continuer à m’apprendre?

Le lendemain, tous les champignons récoltés lors des deux sorties sont photographiés (j’ai pas encore mon objectif macro), numérotés et enveloppés dans du papier allu en attendant leur départ pour la métropole où j’espère, ils arriveront en bon état.

Alain, Jean-Claude, c’est à vous de jouer.

Autour du meublé, des hétéroptères.

16 mai 2011

Voilà quelques jours que nous sommes installés dans notre meublé à la Saline les Bains. Si les matinées sont bien occupées par les visites à la plage avec Camille, les après-midi sont longues pendant la sieste de ma princesse.

Le 5 mai, je décide donc, muni de mon filet à papillon, de faucher les herbes qui bordent le chemin d’accès à la plage pour voir si j’y trouve quelques punaises.

photos4027.jpg

Premier coup de filet et déjà une espèce que je ne pourrais pas vous montrer car trop petite. Je la mets dans un bocal puis je recommence. Ce sont au total quatre espèces de tout petits hétéroptères que je vais ainsi capturer.

Un juvénile d’une cinquième espèce va attirer mon attention. Il s’agit visiblement d’un Pentatomeidae. Aucun adulte à l’horizon, je vais attendre ce soir pour aller sur le haut de plage, là où la plante hôte est en abondance.

                                                          Milieux PentatomidaePlante hôte

Le soir venu, la petite au lit, je retourne sur le haut de plage. Et comme je le pressentais, un grand nombre d’imagos sont présents. J’en capture deux exemplaires.

Pentatomidae

En rentrant dans la cour, sur un mur, une tâche sombre attire mon attention. Il s’agit bien également d’une punaise. Elle aussi finit dans le bocal.

Hétéroptère

Avec déjà 6 espèces récoltées, Magalie va avoir du boulot de détermination.

De beaux rhopalocères

16 mai 2011

Le samedi, je décide de me faire déposer à Saint-Gilles les hauts pour une après-midi de découverte des lépidoptères. Je décide de remonter la ravine du village. Au-dessus de l’eau stagnante, de nombreuses odonates (libellules) volent. Je ne peux résister à l’envie d’en attraper. (A voir dans un prochain article)

Près du point d’eau je capture deux rhopalocères, Leptotes pirithous et Melanitis leda.

                                                  Leptotes pirithous                                           Melanitis leda

Je passe de rocher en rocher et très vite, je renonce à aller plus loin. Ne croyez pas que je sois déjà fatigué, une horde de moustiques m’empêche de m’arrêter plus de cinq secondes à chaque fois. Il m’est impossible de prendre la moindre photo  d’un papillon qui se pose. Je me dis qu’en m’écartant du point d’eau je diminuerai mon problème.

Je redescends la ravine et me dirige le long de la route vers le Sud. Je fais une pose sur le parking situé en dessous d’une église. J’ai vu un rhopalo voler. Il s’agit d’Henotesia narcissus narcissus qui monte puis redescend le chemin d’accès à l’église.

Henotesia narcissus narcissus

Je reprends ma route et sors de la zone urbaine pour retrouver les premiers champs de Canne à sucre. Et là, sur une petite friche bordant le cimetière, je vois passer un grand papillon magnifique. Je cours après lui, essaie plusieurs fois de le capturer sans résultat. Je décide de prospecter la friche où les hétérocères se bousculent. Il faudra que j’y retourne quand mon matériel sera descendu du conténaire.

Soudain, une ombre me passe au dessus de la tête, je sers mon filet et me lance à la poursuite de ce gros papillon. ça y est, il est dans le filet. J’ai attrappé Danaus chrysippus.

                                                                               Danaus chrysippus

Content de ma trouvaille je repars de bon train. Un peu plus loin, sur le côté droit de la route, je suis attiré par une couleur vive dans les buissons. Une chenille est accrochée à une branche. Je prends des photos et je continue.

                                                                                 Chenille

Après une bonne marche, j’arrive au rond point de la route des Tamarins et me dirige vers la ravine la plus proche. Sur un Choca vert (Furcraea foetida), de nombreux oiseaux jaunes se sont rassemblés. Je les observe un moment puis je vais profiter du couché de soleil (cf photo page précédente) en attendant ma petite famille qui vient me chercher.

Je rentre avec une envie furieuse de repartir le plus vite possible explorer mon nouveau monde.

Première sortie dans la nature

16 mai 2011

C’est parti,

Depuis que je suis dans mon hôtel, je vois passer un grand nombre de papillons autour des fleurs qui bordent la piscine. J’ai bien essayé de sortir le filet à papillon mais le regard des gens me mettant mal à l’aise, je l’ai vite rangé sans réussir à capturer quoi que ce soit.

Enfin, le vendredi 29 avril, je pars, filet à papillon en main et appareil photo en bandoulière sur la Plaine des Palmistes. L’endroit est quelque peu insolite puisque nous nous arrêtons sur le parking d’une discothèque.

Dans la végétation qui borde le chemin d’accès à une forêt de Sapins créoles (Cryptomeria japonica), je capture deux hétérocères.

Hétérocère 1

 

Hétérocère 2

En entrant dans la forêt, je prends en photo une chenille sur une plante que je n’ai pas encore déterminée.

Chenille 1

Sur le sentier forestier, nous rencontrons le crapaud Bufo gutturalis. Les Hortensia (Hydrangea sp.) dominent la strate arbustive.

 Après une demi-heure, la sortie se termine sur un sentiment étrange. D’un côté je suis heureux de m’être baladé dans la « nature », de l’autre je suis déçu par le spectacle. Devant ma fille de trois ans, j’ai appelé « nature » une forêt crée par l’Homme,dominée par des essences exogènes (venues d’ailleurs).

La Réunion, une nouvelle aventure

10 mai 2011

Couché de soleil

Bonjour à tous,

Pour vous planter le contexte, je suis arrivé sur l’île de la Réunion le 25 avril 2011 avec ma fille Camille pour rejoindre sa maman Nathalie qui a été mutée.

 

Je suis passionné de nature et d’ailleur j’ai quitté mon boulot de garde technicien de Réserve Naturelle pour venir.

Mes premiers amours sont allés vers la botanique lors de mon BTS GPN gestion des espaces naturels. C’est en travaillant pour le déplacement de l’Azuré du Serpolet (Phengaris arion), papillon de jour (Rhopalocère) protégé au niveau européen que je me suis intéressé aux papillons (Lépidoptères) jusqu’à m’équiper du matériel de chasse nécessaire à la capture des papillons de nuit (Hétérocères). J’en profite pour remercier Phillipe Darge pour son soutien et sa confiance.

Lors de mon dernier emploi, j’ai rencontré des fous de champignons (Mycologues). Si Jean-Claude et Georges s’en tenaient le plus souvent aux champignons de bonne taille, Philippe et surtout Alain ne prenaient de plaisir que si les espèces faisaient moins d’un centimètre. Je vous avoue que le virus de l’ascomycète me guète et que si je n’ai pas de microscope pour m’épanouir sur ce groupe, il ne m’en faudrait pas beaucoup plus.

Très récemment, j’ai rencontré Magalie Mazuy, spécialiste des punaises (Hémiptères, Hétéroptères). Elle m’a donné envie de regarder autrement ces insectes souvents détestés pour leur odeur désagréable.

Sur l’île, j’aimerais pouvoir continuer à connaître les Lépidoptères mais aussi travailler sérieusement sur les Hétéroptères en collaboration avec les spécialistes du groupe. Enfin, participer à des sorties mycologiques pour continuer à taquiner les petits trésors cachés sur un tronc monumentale ou sur une simple brindille.

Professionnellement, je voudrais continuer à apporter ma contribution à la protection de la nature.